
Vendredi soir , à St Catherine de Fierbois., à la fin de la conférence de C.Vélot sur les OGM cachés une dame résumait ainsi son impression : "C'est curieux, on a la soudaine sensation d'être intelligent"
Ce soir là en effet, si la salle des fêtes de ce petit village sympathique pouvait paraitre un peu trop chauffée c'est peut être aussi parce des milliards de neurones s'agitaient pas mal dans les cafetières. Après un cours de biologie cellulaire accéléré notre conférencier a bien pris le temps de faucher toutes ces contre vérités inlassablement assénées :
- Les OGM sont indispensables pour nourrir la planète, pour réduire les pollutions chimiques agricoles ect . Amalgame entre OGM en milieu confiné (pour produire des médicaments par expl) et dans les champs etc....
Dans l'assistance tout le monde n'était pas convaincu, en particulier un certain nombre d'exploitants agricoles ou même d'agriculteurs. Quoi de plus naturel d'ailleurs dans la mesure ou la plupart de ces gens là n'ont jamais entendu d'autre discours que celui des vendeurs ? L'essentiel c'est bien que, ce soir là, ils ont pu être présents pour poser leurs questions (légitimes) et s'ouvrir ainsi à un éclairage nouveau sur les biotechnologies en agriculture afin de mesurer les conséquences des choix qu'ils seraient tentés de faire..
En dehors de son exposé purement technique, notre conférencier articulait un discours citoyen de haute tenue en rappelant par exemple qu'il ne pouvait y avoir de "neutralité" de la part d'un chercheur dès lors que tel ou tel fruit de telle ou telle recherche était en mesure de bouleverser les rapports de l'homme à la nature par exemple.
En conclusion, OGM réglementés ou OGM cachés reviennent à prendre la nature pour une paillasse de laboratoire. A ce niveau ce n'est pas un problème de "science" et encore moins d'agriculture : c'est tout simplement un problème de société majeur qui concerne l'ensemble des citoyens.
Avec les OGM issus d'autres techniques que celle de la transgenèse on franchit même un nouveau pas : celui de l'opacité totale (absence de toute réglementation)
D'un coté, les risques sont évidents et bien des dangers sont avérés. De l'autre, ni urgence ni nécessité ni même utilité sociale, bien au contraire. Le choix est donc vite fait...il suffit de l'éclairer sous un angle différent qui déborde du seul souci de laisser se développer des profits à court terme.
En proposant cette conférence afin de mieux comprendre les enjeux d'une agriculture responsable et de mieux nous comprendre entre différents acteurs, les organisateurs pouvaient se féliciter du résultat.
Merci à eux et aussi à la municipalité de St Catherine qui a proposé une salle.... alors que la chambre d'agriculture avait refusé la sienne.
Comme points négatifs on peut regretter que, parmi une assistance très nombreuse (environ 300 personnes) la plupart des "personnalités" invitées n'ont pas jugé utile de se déplacer, qu'ils soient élus , opposants éventuels exerçant des responsabilités premières dans le domaine de l'agriculture locale ou encore journalistes . Comme quoi, les éblouis par les "biotech' tendance/finances" préfèrent rester dans l'ombre...
On les comprend.
La soirée s'est éteinte au fil de discussions nourries autour d'un petit buffet de produits locaux...sans OGM !
A.B
PS : Notre conférencier, quoique brillant, a pourtant calé sur une question :
"Le béret basque possède t-il le gène de résistance aux bombes lacrymogènes" ?
Comme quoi la science est encore assez loin de donner des réponses aux questions essentielles.....
Reseau tourangeau Anti OGM c/o Raiponce les Vigneaux, 37220 Rilly-sur-Vienne
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La Mutagénèse c'est quoi ?
Les firmes semencières essaient par tous les moyens de désinformation de faire croire que les méthodes autres que la transgenèse ne font pas des OGM. C’est déjà un mensonge au simple regard de la définition européenne donnée par la DIRECTIVE 2001/18/CE.
Les produits de la mutagénèse (et de la fusion cellulaire)
SONT des OGM.
Voir : http://www.ogm.gouv.fr/reglementation/dissemination/directive2001_18.pdf
Extrait de la DIRECTIVE 2001/18/CE , Article 2, Définitions :
Aux fins de la présente directive, on entend par :
1. « organisme » : toute entité biologique capable de se reproduire ou de transférer du matériel génétique ;
2. « organisme génétiquement modifié (OGM) » : un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle.
Les OGM issus des techniques de modification non naturelle du génome autres que la transgénèse (comme la mutagenèse provoquée artificiellement)
sont simplement exclues du champ d’application de la directive.
Des discussions sont aujourd’hui ouvertes au niveau européen pour faire évoluer cette exclusion.
Différents cas de figures
1) mutation naturelle : un caractère nouveau apparaît sur une plante à la suite d’une mutation induite par l’environnement naturel. Les techniques habituelles de sélection entre plantes sexuellement compatibles (croisement et multiplication successives) permettent d’intégrer ce caractère (et le ou les gènes qui permettent son expression) dans une variété intéressante qui sera commercialisée.
2) mutation dite "spontanée" provoquée par une modification non naturelle de l’environnement : une pression chimique sur l’environnement de culture (herbicides par exemple) provoque, sans que cela soit son objectif, l’apparition de plantes présentant un nouveau caractère de résistance à cet herbicide, dans lesquelles on trouve un ou des gènes dits de résistance à l’herbicide. Suite idem 1. C’est le tournesol Clearfield de Basf résistant à son herbicide, effectivement issu de méthode traditionnelle de sélection suite à cette mutation "spontanée". Cette variété n’entre pas dans la définition des OGM, mais elle présente les mêmes risques non évalués issus du gène de résistance aux herbicides (transfert de gène à d’autre plantes, augmentation résistances aux herbicides et des repousses ingérables, augmentation de l’utilisation d’herbicides..) qu’un OGM résistant,
2 bis) Autre possibilité : transgénèse à partir de ce gène de résistance. Ca en fait un OGM. Si la trangénèse se fait sur la même espèce (sexuellement compatible) que celle où a été prélevé le gène transféré, on appelle cela "cisgenèse", technique que certains (CopaCogeca) voudraient voir exclue des OGM soumis à règlementation en Europe.
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mutagenèse aléatoire : très proche de 2), sauf que la modification de l’environnement de culture est intentionnellement créée pour provoquer des mutations et utilise des facteurs dont la seule fonction est d’être mutagènes : rayons ionisants. Ce sont les premières expériences françaises de mutagénèse autour de Cadarache dans les années 1960. Méthode très aléatoire et longue : on fait muter des milliers de plantes puis on les cultive pour voir si certaines présentent des caractères nouveaux intéressants, puis on les sélectionne, puis...
4) mutagenèse aléatoire et multiplication cellulaire. Dès la fin des années 1960, on sait reproduire une plante en labo à partir d’une seule de ses cellules. Il est alors beaucoup plus simple de soumettre des milliers de cellules à des pressions mutagènes en labo (produits chimiques comme la colchicine, rayons gamma...), puis de faire des milliers de multiplications cellulaires, puis d’en faire des plantes, puis... méthode toujours aléatoire, longue, peu industrialisable, mais qui a donné de multiples plantes que nous consommons aujourd’hui : blé, orge, des bretons disent même que les sarrasins actuellement les plus cultivés ont été sélectionnés ainsi... En plus des risques évoqués plus haut, cette technique (et les suivantes) provoque autant, voire plus, de perturbations du génome et d’effets « non intentionnels » en résultant que la transgénèse.
5) étape suivante, parfois appelée tilling ou mutagenèse dirigée : avec le séquençage génétique, on peut savoir en 48 h si une mutation souhaitée est apparue sur l’une des milliers de cellules soumises à un stress mutagène. Il n’y a alors qu’une seule cellule à multiplier pour en faire une plante, on gagne énormément en temps et en rapidité. C’est cette méthode industrialisable qui relance aujourd’hui la mutagenèse comme alternative aux OGM dont les consommateurs ne veulent pas. C’est le Tournesol Express Sun de Pionner.
6) mutagenèse réellement dirigée : grâce à l’introduction dans une cellule d’éléments d’ADN (micronucléotides) qui ne sont pas des gènes (il n’y a donc pas transgenèse au sens strict), on peut orienter la pression mutagène sur le ou les gènes qu’on veut faire muter. De nombreuses voix scientifiques européennes commencent à demander que cette nouvelle technique soit classée comme OGM et subisse les mêmes obligations d’évaluation et d’information du public.
Le Canada évalue déjà l’impact sur l’environnement de l’ensemble des plantes issues de mutagénèse artificielles (à partir de 3 + 2 bis évidemment), mais les accepte pour la plupart,
D'après Guy KASTLER (Semons la biodiversité, septembre 2009)
***********************************************************************************************En substance, il apparaît que s'il existe une différence de technique de manipulation génétique entre la transgénèse et la mutagènèse, ce genre de débat ne doit pas occulter
l'essentiel au niveau des similitudes à savoir :
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Les questions concernant l'incertitude des opérations subtiles au sein du génome et de ce que cela suppose (instabilités..)sont du même ordre.
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L'intérêt agronomique , en l'occurrence la résistance à un herbicide, conduit aux mêmes inconvénients ( plantes comestibles accumulant les pesticides, résistances par accoutumance à un herbicide, accumulation des mêmes produits chimiques dans les rotations à traitement identiques...)
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L'argument avancé par les firmes sur la réduction des herbicides est strictement le même que celui qui a fait la promotion du maïs roundup ready par exemple : A l'épreuve du temps cet argument s'est retourné contre lui même : Partout où ce maïs à été cultivé on observe une augmentation de l'utilisation de l'herbicide spécifique (normal c'est vendu avec !)
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Les contaminations aux espèces apparentées sont pour le moins identiques excluant par là, à terme, toute autre pratique agricole.
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Il s'ensuit une captation du vivant par colonisation de l'espace naturel et commercial avec les brevets
Dire NON aux chimères génétiques
c'est dire NON aux plantes pesticides, c'est dire NON aux Brevets. C'est dire dire OUI à la biodiversité, c'est dire OUI à une agriculture paysanne respectueuse de l'environnement, des consommateurs et...des paysans
C'est dire NON à la marchandisation du vivant !
Pour mieux comprendre comment toutes ces « constructions économiques » se mettent en place et ce qu'elles supposent comme manipulations du langage et du vivant, prenez une heure de votre temps pour écouter cette conférence de Guy Kastler et J.P. Berlan donnée à Thor (mais à raison) en septembre dernier
http://www.infogm.org/spip.php?article3436
Reseau tourangeau Anti OGM c/o Raiponce les Vigneaux, 37220 Rilly-sur-Vienne
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